( AFP / JULIE SEBADELHA )
Le réassureur Scor a vu son bénéfice net baisser moins qu'attendu au deuxième trimestre, profitant d'une "faible sinistralité en catastrophes naturelles", mais l'arbitrage Covéa rendu fin juin pèse dans ses comptes à hauteur de 64 millions d'euros.
Sur les trois mois d'avril à juin, le bénéfice net recule de 24,1% par rapport au deuxième trimestre 2025, à 171 millions d'euros.
Cela reste supérieur au consensus des analystes, qui tablaient en moyenne sur 150,8 millions d'euros, tirant l'action à la Bourse de Paris, qui gagnait 3,17% à 34,48 euros jeudi vers 10H45.
Sur l'ensemble du premier semestre, le bénéfice net baisse de 6,8% à 397 millions d'euros.
Scor, dont l'activité consiste à assurer les assureurs, était revenu dans le vert sur l'exercice 2025 après une année 2024 difficile.
Les incendies en cours en Europe et au Canada, ou encore le tremblement de terre au Japon, risquent toutefois de coûter cher aux assureurs, bien qu'il soit "trop tôt pour avoir une estimation fiable", a précisé Thierry Léger, directeur général de Scor, lors d'une conférence de presse.
Cependant, a-t-il ajouté, "les valeurs des zones actuellement dévastées par ces incendies ne sont pas comparables à celles que nous avons connues en Californie", lorsqu'un incendie avait dévasté des quartiers entiers de Los Angeles, dont de nombreuses villas huppées, en janvier 2025.
"La charge de nos clients, les compagnies d'assurance, est devenue considérable pour tout ce qui touche au changement climatique. Je parle principalement de la grêle, des inondations et des feux de forêt. Le montant des sinistres qu'elles encourent est devenu impressionnant", a-t-il encore relevé.
Effets de change
Sur le trimestre, les revenus d'assurances de Scor - équivalent du chiffre d'affaires - sont en recul de 5,1%, à 3,6 milliards d'euros, lestés par la branche vie et santé (L&H), dont les revenus chutent de 8% à 1,8 milliard d'euros.
En cause notamment, l'impact de 64 millions d'euros lié au résultat d'un arbitrage rendu fin juin par la justice, qui a enjoint Scor d'indemniser à hauteur de 429,3 millions d'euros l'assureur Covéa (MMA, MAAF GMF et PartnerRe) qui avait tenté de racheter le groupe en 2018.
"Nous ne nous attendions pas à une peine aussi lourde", a commenté Thierry Léger, se disant cependant "satisfait que cette affaire soit close".
Solder ce litige risque pourtant d'empêcher Scor d'atteindre son objectif de 400 millions d'euros de revenus d'assurance par an (la performance opérationnelle) pour la branche vie et santé.
"Nous maintenons nos prévisions à 400 millions, mais nous les ajusterons pour tenir compte de l'impact exceptionnel de cet arbitrage. En incluant l'impact négatif de l'arbitrage, nous pourrions ou non atteindre l'objectif de 400 millions", a souligné Philipp Rüede, directeur général de la branche vie et santé.
Au deuxième trimestre, les revenus de la branche dommages et responsabilité (P&C), quant à eux, diminuent de 2% à 1,8 milliard d'euros, à cause notamment d'effets de change. Scor relève la "faible sinistralité en catastrophes naturelles".
Le réassureur surveille par ailleurs l'évolution du conflit au Moyen-Orient, et constate "que de nombreuses demandes d'indemnisation nous parviennent de nos clients, ce qui correspond tout à fait à nos prévisions actuelles", a assuré Thierry Léger.
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